ABBAYE St PIERRE

 

  • 814 – Première construction

  • 817 – Reconstruction et première mention de Venerque (Venercha)

  • 960 – Donation de l’évêque Hugues Ier

  • 1050 – Fin de l’abbaye

En 1182, le pape Lucius III confirma par acte officiel la donation de l’abbaye de Venerque, avec l’ensemble de ses fiefs, à l’abbaye de Saint-Pons de Thomières, institution monastique qui sera elle-même supprimée en 1612. Antérieurement, en 1080, le comte Guillaume IV de Toulouse avait concédé à cette abbaye le bois d’Orwal, dont le ruisseau constitue encore aujourd’hui une limite territoriale entre les communes d’Issus, d’Espanès et d’Aureville.

Au-delà de leur mission spirituelle et liturgique, les communautés monastiques jouèrent un rôle essentiel dans l’aménagement du territoire. L’un de leurs mérites majeurs résida dans le défrichement des terres et leur intégration progressive à l’espace cultivé, contribuant ainsi à l’essor économique et à la structuration des campagnes médiévales. Les moines s’implantaient fréquemment dans des zones rurales encore peu exploitées, où ils entreprenaient la mise en valeur de terres nouvelles.

Ces établissements monastiques exercèrent un puissant pouvoir d’attraction sur les populations environnantes. Des groupes d’habitants se fixèrent à proximité de l’abbaye, à la fois pour participer aux travaux agricoles et pour assurer, en cas de conflit, la protection des religieux. C’est dans ce contexte que se constitua le bourg de Bénerquo, dès les premiers siècles de l’ère chrétienne.

L’abbaye de Venerque, durement éprouvée par les conflits armés, reçut à plusieurs reprises la visite de Benoît d’Aniane, figure majeure de la réforme monastique carolingienne. Ces visites expliquent la connaissance approfondie qu’il possédait de la situation matérielle et spirituelle de l’établissement.

De l’abbaye primitive, peu d’éléments architecturaux subsistent aujourd’hui. Seule une partie ancienne de l’église est parvenue jusqu’à nous, bien qu’elle ait fait l’objet de remaniements importants entre 817 et 1612, date à laquelle les bénédictins furent sécularisés et le prieuré définitivement supprimé.

La configuration originelle de l’église, telle qu’elle apparaît sur un plan utilisé par le chevalier du Mège lors de la première campagne de restauration menée vers 1840, montre que la première travée du bas-côté méridional est conservée. Cette disposition suggère que le cloître aurait pu occuper, au Moyen Âge, une partie de l’espace situé au sud de l’édifice.

Emplacement de l’abbaye

La localisation de l’ancienne abbaye Saint-Pierre de Venerque repose essentiellement sur des sources érudites des XIXᵉ et début XXᵉ siècles. Selon une lettre de l’abbé Jean Gilet, citée par le colonel Jaubart, des vestiges attribuables à l’abbaye auraient été mis au jour à l’occasion de la rectification du chemin reliant Venerque à Grépiac. La nature et la situation de ces débris permettent de situer l’ensemble abbatial dans un secteur compris entre le lieu-dit Rive d’eau et la Halle (Gilet, cité par Jaubart).

D’après cette même tradition érudite, le presbytère actuel occuperait l’emplacement des derniers vestiges des bâtiments conventuels. Ceux-ci auraient subsisté jusqu’à la fin du XIXᵉ siècle, avant d’être démolis aux alentours de 1900. L’abbaye se serait donc trouvée immédiatement adjacente à l’église paroissiale actuelle, dont les premiers travaux sont attestés à partir de 1182, ce qui suggère une continuité topographique et cultuelle entre les deux édifices.

Au XIIᵉ siècle, l’ensemble monastique devait former un vaste complexe, s’étendant de l’église jusqu’au secteur d’Espeyrouzes. Cet espace était entouré d’un enclos fortifié, constitué de hautes murailles, dont le tracé suivait vraisemblablement, de manière approximative, celui de l’actuelle rue des Pyrénées. Les sources indiquent par ailleurs que les terres dépendant de l’abbaye s’étendaient sur un territoire relativement vaste, allant de Julia jusqu’à Rivel, témoignant de l’importance foncière et économique de l’établissement monastique à l’époque médiévale.


Venerque, sentinelle du Midi

Au milieu du XIIᵉ siècle, le Midi de la France est traversé par de profondes tensions religieuses. En 1165, l’hérésie cathare gagne l’ensemble de la région. Venerque, encore modeste, se trouve pourtant déjà au cœur des enjeux spirituels et politiques du territoire.

Lorsque débute la croisade contre les Albigeois, le prieuré de Venerque s’est considérablement enrichi. En 1209, des fortifications sont élevées pour protéger ce lieu devenu stratégique, symbole d’un catholicisme solidement implanté. Cette position explique sans doute pourquoi, lors de la bataille de Muret en 1213, les troupes de Simon de Montfort contournent Venerque sans tenter de s’en emparer. Durant toute la guerre des Albigeois, le village reste à l’écart des combats et des passages de troupes.

Il faut attendre 1268 pour voir apparaître dans les textes le premier seigneur de Venerque : Guillaume de Falgar, également seigneur de Falgarde et parent de Raymond de Falgar, évêque de Toulouse. La seigneurie s’affirme, et la vie communautaire s’organise. En 1316, la fondation de l’hôpital des Peyrouzes témoigne d’un village structuré et soucieux de l’accueil des malades et des voyageurs.

Mais le XIVᵉ siècle apporte son lot de tragédies. En 1345, la peste noire ravage le Languedoc. En quelques mois, elle emporte plus de vies que les longues années de la guerre de Cent Ans, laissant les campagnes décimées et traumatisées.

Dans ce contexte troublé, Raymond de Falgar, seigneur de Venerque et capitoul, reçoit en 1360 la lourde charge d’organiser la défense du Languedoc contre les Anglais. Les raids d’Édouard de Woodstock, le redouté Prince Noir, ainsi que les pillages des grandes compagnies, plongent les campagnes dans la peur. Partout, les églises se transforment en refuges fortifiés. Il est très probable que l’église de Venerque ait alors reçu, ou renforcé, ses dispositifs défensifs, son seigneur étant directement impliqué dans la protection du pays.

En 1362, le pape nomme Hugues de Saint-Martial prieur du couvent de Venerque. Son frère Pierre, déjà évêque de Rieux, deviendra archevêque de Toulouse en 1392, confirmant l’importance ecclésiastique du lieu.

L’année 1474 marque un tournant décisif. Les Falgar cèdent une large part de la seigneurie à un nouveau maître, le seigneur de Plaigne. À cette occasion, les habitants de Venerque reçoivent la Charte des Libertés, inaugurant une ère nouvelle de cohabitation entre le pouvoir seigneurial et les consuls représentant la communauté villageoise.

Au début du XVIᵉ siècle, la vie religieuse demeure centrale. En 1515, une imposante grille en fer forgé est installée dans l’église pour séparer le chœur des moines de la nef des paroissiens. Une inscription en patois en rappelle encore la date, fixée à la fin du mois de juin. Cette grille, remaniée au fil du temps, survivra jusque dans les inventaires de la Révolution.

Les guerres de Religion plongent de nouveau la région dans l’insécurité. En 1570, les environs de Venerque sont ravagés par les pillages huguenots. Si l’église a été incendiée, aucun document ne permet de l’affirmer avec certitude. La même année, Jean de Mansencal meurt, laissant la seigneurie à son fils François, tandis qu’un autre de ses fils devient seigneur de Grépiac.

La fin du siècle est marquée par un épisode de répression. En 1595, Anne de Lévis, duc de Ventadour et lieutenant du roi, assiège les places jugées dangereuses autour de Toulouse. Arrivé devant Venerque, il se heurte à des fortifications récemment renforcées. Les contournant, il établit son campement dans ce qui deviendra le quartier du Duc et entre dans la ville sans grands dégâts. Le seigneur est destitué, les remparts démantelés, et les habitants contraints à de pénibles travaux forcés pour expier leur ancienne insoumission.

En 1596, Pierre de Mansencal devient seigneur de Venerque et de Grépiac. Le village compte alors environ 1 200 habitants en 1612. Quelques années plus tard, les décisions du concile de Trente bouleversent l’organisation religieuse : les bénédictins sont sécularisés, et les biens de l’abbaye passent sous administration seigneuriale. Les Mansencal en assureront la gestion.

Tout au long du XVIIᵉ siècle, l’église reste le cœur de la mémoire villageoise. On y inhume Françoise Segla en 1629, puis Claire de Mansencal en 1648, dont la sépulture est associée à la mystérieuse dalle noire. La vie quotidienne n’est pas exempte de drames : en 1650, un bateau venant d’Auterive fait naufrage sur l’Ariège, entraînant la mort de dix-huit personnes.

Enfin, en 1689, est enterré dans l’église Guillaume de Mansencal, dernier prieur de Venerque. Avec lui s’achève une longue page de l’histoire religieuse du village, laissant derrière elle une communauté façonnée par les conflits, la foi et la résilience.

1165  : L'hérésie Cathare gagne tout le Midi.

Des fortifications ont été érigées en 1209 pour défendre le prieuré qui était devenu visiblement fort riche. Ce qui fait que le lieu sera considéré plus tard comme une place forte du catholicisme.

Au point que lors de la bataille de Muret en 1213, les troupes de Simon de Monfort tournent autour de Venerque sans y pénétrer.

Durant toute cette période de la guerre des Albigeois, Venerque reste en dehors du passage dès troupes

1268 : Nous trouvons pour la première fois la mention d'un  Seigneur à Venerque. Il s'agit de Guillaume de Falgar,  seigneur de Venerque et Falgarde parent  de l'évêque nommé a Toulouse Raymond de Falgar .( en 1232 )

1316 : Fondation de l'hôpital des Peyrouzes.

L’Hôpital des Peyrouzes

Parmi les institutions anciennes de Venerque, l’Hôpital des Peyrouzes demeure l’une des plus énigmatiques. Son nom, à lui seul, a suscité de nombreuses interprétations au fil du temps, sans qu’aucune ne puisse être affirmée avec certitude.

Pour certains, Peyrouzes viendrait de lés léprousés, désignant des lépreux, ce qui ferait de cet établissement une ancienne léproserie. D’autres y voient l’origine de lés peyrousés, c’est-à-dire ceux atteints de la « maladie de la pierre », terme ancien recouvrant diverses affections graves. Une troisième interprétation, plus topographique, rattache le nom à peyroux, le lieu pierreux : l’hôpital aurait alors tiré son nom du coteau rocailleux sur lequel il était implanté.

Face à ces hypothèses, l’abbé Melet propose une définition plus sobre et sans doute plus proche de la réalité quotidienne du lieu. Selon lui, l’Hôpital des Peyrouzes était avant tout « le lieu où les religieux abritaient les malades et les pauvres ». Une institution de charité, fidèle à la vocation hospitalière médiévale, davantage tournée vers l’accueil et l’assistance que vers l’isolement.

L’hôpital occupait l’emplacement de l’ancienne forge de Monsieur Baron, ainsi que de la maison qui la prolonge aujourd’hui. En contrebas, sur la pente descendant vers la Hyse, se trouvait probablement le cimetière mentionné dans les documents anciens. Un détail topographique vient confirmer cette hypothèse : le pont sur la Hyse y est décrit comme se trouvant « vis-à-vis du cimetière », indication relevée par Monsieur Pitet.

Ainsi, à travers quelques mots conservés par les archives et la mémoire des lieux, se dessine l’image d’un établissement discret mais essentiel, où la pauvreté, la maladie et la solidarité se sont croisées pendant des siècles, ancrant l’Hôpital des Peyrouzes dans l’histoire humaine et spirituelle de Venerque.

1345 : La peste noire, propagée par les rats, ravage le Languedoc. En quelques mois, elle fit plus de morts que toute la guerre de cent ans.

 

1360 Raymond de Falgar, Seigneur de Venerque et Capitoul est chargé d’organiser la défense du languedoc contre les anglais.
A cette époque après les raids du Édouard de Woodstock, dit le « Prince Noir »    et la descente des grandes compagnies de bandes armées et pillardes beaucoup d’églises de campagne se fortifièrent afin de pouvoir soustraire dans le fortin qu’elles devenaient , les habitants du lieu, aux massacres devenus habituels de la part des agresseurs.
On peut penser que l’église de Venerque si elle n’avait pas reçu plus tôt un appareil défensif en fut sans doute dotée à ce moment-là, puisque son seigneur assurait en personne la défense du Languedoc contre les anglais mais aussi contre les grandes compagnies.


1362 le Pape Innocent III, nomme prieur du couvent de Venerque Hugues de Saint Martial. Son frère Pierre de Saint Martial était évêque de Rieux depuis 1357 et devint en 1392 Archevêque de Toulouse.



1474 cette date est très importante dans l’histoire de Venerque et de là une ère de cohabitation entre les seigneurs du lieu et les consuls représentants de la communauté de Venerque.
Les Falgar cèdent à cette date une partie importante de la seigneurie de Venerque au seigneur Plaigne qui en prend possession et à cette occasion il octroie aux habitants de Venerque la « Charte des Libertés ».


1515 la grille de fer forgé qui peut être autrefois séparait le chœur des moines de la nef des paroissiens est mise en place. L’inventaire des biens trouvés dans l’église pour la révolution mentionne grossièrement trente-trois pièces de fer entourant les fonds baptismaux et dans la maison commune d’autres pièces de fer, ce qui laisserait supposer qu’il s’agissait des mêmes pièces de fer et donc, celles qui n’avaient pas été réemployées lors du transfert de la grille à son emplacement actuel.
Sur le montant central entre les deux portes a été primitivement fixée une inscription en patois, faite de lettres en tôle découpée, chaque mot étant séparé du suivant par un point carré rivé à mis hauteur. Le texte disant « L’an mille cinq cent quinze et le vingt et le vingt neuf du mois de juin furent faites les présentes grilles ».
L’église de Venerque fut elle brulée en 1570 ? Nous ne détenons aucun document officiel, ce qui m’a fait écrire que les villages pris par les Huguenots en 1570 avaient été plus ou moins pillés selon l’attitude des populations et du seigneur du lieu.
Tout autour de Venerque c’est le pillage.


1570 le 31 octobre meurt Jean de Mansencal qui en 1569 avait acheté la seigneurie de Lagardelle, son fils François lui succède comme seigneur de Venerque, un autre de ses fils Jean devient seigneur de Grépiac.


1595 Anne de levis, duc de Ventadour, nommé lieutenant du roi est chargé de rétablir l’ordre autour de Toulouse ; il assiège et prend Castanet et se dirige vers Venerque où la seigneurie de Jean de Mansencal est jugée dangereuse pour la tranquillité de la région étant donné surtout la proximité de Miremont.
Arrivant à Venerque par le nord, il se heurte aux fortifications que Coligny avait prescrit de renforcer puisqu’elles avaient été inefficaces pour l’arrêter. Il contourne alors les remparts et vient camper dans ce qui porte aujourd’hui le nom de quartier du Duc. Il pénètre dans la ville sans grands dommages. Deux objectifs sont les siens : d’abord la destitution du seigneur François de Mansencal et ensuite le démantèlement des fortifications. Une garnison restera sur place pour faire démolir aux venerquois ces fortins, ce sera par des travaux forcés, que les habitants du lieu payeront leur insoumission passée.


1596 Pierre de Mansencal est nommé seigneur de Venerque et de Grépiac.

1612 Venerque compte 1200 habitants.

Sécularisation des Bénédictins.

Suite aux décisions du concile de trente, préconisant la fédération des abbayes bénédictines en congrégations, le pape Paul V promulgue la bulle de sécularisation en France des monastères bénédictins de l'ancienne règle.

Les moines sont intégrés au clergé séculier et la juridiction temporelle des biens passe aux seigneurs du lieu ou à la communauté civile consulaire

1615 Les Mansencal administreront les biens temporels de l'abbaye, qui était jusqu'alors sous la juridiction de St Pons de Thomières. 

L' abbé Pouderoux fut en 1783 le dernier curé nommé par St Pons

1629 Inhumation dans le chœur de l'église de Venerque de Demoiselle Françoise Segla

1648 Décès de Claire de Mansencal, elle fut enterrée dans le cœur de l'église de Venerque et l'abbé Melet croyait que ses ossements reposaient sous la fameuse dalle noire, qui déjà de son temps ne marquait plus l'emplacement précis de sépulture.

Le 11 Juillet 1650, un bateau venant d'Auterive emportant dix sept hommes et une femme fit naufrage a hauteur de Venerque et tous périrent

1689 Guillaume de Mansencal, prieur de Venerque, le dernier en titre, est enterré dans l'église de Venerque.